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Boris from Bulgaria, king of everything.

 A chaque fois que je m'arrêtais au feu vers Chateau-Landon, je voyais cette inscription sur le montant du poteau tagué Tipex.

A chaque fois je m'inventais l'histoire de Boris. C'est grand d'être le roi de tout ; de le prétendre encore plus. Et le plus beau : je suis sûr qu'il était à la hauteur, Boris. Il transcendait tout. C'est pas grand chose d'être roi aujourd'hui. Spécialement dans les anciennes républiques socialistes dont la mélodie phonétique de l'auteur désignait l'accointance. La dérision me touchait. L'espoir en myriades s'échappait de ce feu tricolore. Il en résultait un feu sacré, sans artifice, tout à fait fissile pour désamorcer toute éventuelle difficulté en perspective. Et qu'il pleuve, qu'il fasse froid, que le soleil me tape dans l'œil, Boris surclassait la plèbe du trafic. Comme s'il avait besoin d'attester quoi que ce soit… quand on est roi, c'est de notoriété publique.

Boris t'es le roi de l'espoir, je t'ai imaginé en des milliers de possibles : avec un passif pas glorieux de petite frappe, en splendide et grandiose conquérant quotidien, délavé de tristesse sous un pont, ou bien rêveur éméché. A chaque fois l'histoire valait tous les happy-ends du Cinéma américain. Tu as inventé, Zorro du Blanco, les histoires à emporter.

Décembre était une sortie de virage. Plus question de toucher les freins, l'apex frôlé, l'accélération confortable presse le thorax, calfeutre le dos qui s'enfonce dans le cuir qui devient anatomique. Le cap est tendu, les hésitations sont passées. Il suffit de se mouvoir. Je me meus en train. Notant la litanie des détails inutiles contrastant avec cette perfection de trajectoire qu'on envie souvent au ferroviaire, je déraille un peu. Je regarde par la fenêtre l'automne qui s'étire, les lumières au ras du ciel qui allonge les ombres au sol, et la terre collante qui la cloue aux horizons changeants. Dans mon rétroviseur perpendiculaire, mon ombre me suit, j'ai le soleil devant. 

En décembre l'année se conclue, c'est une balise. Et moi j'entame des changements profonds. Des histoires avec des gouffres de doutes abyssaux au début, où on pense qu'un seul battement de cil semble pouvoir nous perdre définitivement aux yeux de cet autre si mystérieux. Ces histoires où l'on compte ses défauts. Ceux qui sont désolant car ils nous font ressembler aux autres. Mais à l'imparfait, le lisse altère. Nous espérons désormais quelques creux et quelques bosses jusque là redoutées qui percutent nos rétines atones, déjà vitreuses comme pour permettre aux larmes qui viendront sous peu sur la peau de mieux couler, sans une ride à laquelle s'accrocher. Dieu que les histoires de jeunesse sont fragiles.

 

C'est okay. C'est Half qui dit toujours ça. Et personne ne le dit comme lui. On se connait peu, mais je crois n'avoir jamais rien entendu d'aussi apaisant. C'est anodin. Ca sonne. C'est d'une évidence rare donc précieuse. Cette intonation est indescriptible. Alors il faudra arpenter Paris et le X pour l'entendre. Mais tout ce que je souhaite pour la suite est là. Je voudrais bien me dire, un de ces quatre, sans le voir venir, l'inflexion de ma petite voix intérieur empruntant l'adage concentré à l'auteur, c'est okay.

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// allegro \\

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Years & Years — You & I