07 mai 2008
Gervais
Arrête de tourner la cuillère dans la tasse, tu vas finir par crever la table.
Ca fait des années que le temps passe moins vite. Tout doucement. Sa dernière manifestation tangible, celle qui témoigne que tu es encore vivant, c'est cette cuillère que tu tournes dans ton café. Et les cafés tu les enchaînes pour être sûr que le temps ne s'arrête pas trop longtemps.
Tu tournes et tournes encore. Tu ne prendrais pas de sucre que ça ne changerait rien. La tasse est un duralex sans âge : tu n'as pas effacé le numéro, il s'est effacé tout seul.
C'est facile d'écrire la tristesse et l'inertie, c'est certainement plus dur de vivre avec. Je te le dis, c'est dur.
La prochaine fois ce sera un clope que tu rouleras sur le coin de la table et tu fumeras à la fenêtre. C'est les passants et les voitures qui figureront la vie qui glisse sous toi depuis ton promontoire des toits.
Je te tutois. J'aurai dû, plus souvent, t'appeler "Papa".
26 février 2008
Océan-Mer
A un moment donné, il faut bien se lancer, sans élan, comme si c'était le moment. Capituler.
Les
images qui me collent à la peau, ce sont celles-là. Elles n'ont pas
d'autre point commun que leur justesse. Elles tiennent de justesse.
Elles sont justes pour moi. Elle ne vallent rien parce qu'elles ne
m'appartiennent plus.
Pour commencer la visite, je joue le jeu et
propose une petite série d'embruns. Les lèvres qui creusent, la peau
dure et le sel sur les lèvres?
- Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
- Qu'il soit trop tard, Madame
Alessandro Baricco, Océan Mer
Reprise de volée
150 occasions écrites ou photographiques d'écrire régulièrement sur ces foutues pages virtuellement blanches. Pas une de moins. Et je ne suis pas capable de m'y coller.
Du papillonage morose d'une série en standbye à des images d'actu déjà passées, des histoires fânées. Bref, il fallait dénicher de la nouveauté et surtout des images qui résistent au temps et même qui supportent et s'enrichissent du polissage du temps. Des instants qui seraient meilleurs en s'éternisant. Quelque chose en dehors du flux. Simplement.
Alors j'ai choisi de vous montrer désormais des éditos très serré, et surtout des images bien plus personnelles. Le site qui fera office de book en ligne verra bientôt le jour. Alors je mise sur le côté intime du blog pour me livrer un peu plus..
26 janvier 2008
Tentative pour 2008
07 décembre 2007
Entrainement de Foot
"Faites du sport, je tiendrai la buvette"
Nous n'étions pas
derrière le comptoir ce soir là. Personne ne serai venu de toute façon.
Tous haletant en rentrant aux verstiaires, sans braillage. Une heure
trente qu'ils prenaient un bain de boue dans un brouillard à couper au
couteau. Pour viser les buts il fallait tenter de tirer pas trop loin
de la silhouete du gardien, et pour se repérer, les lampadaires
faisaient les phares.
Notre terrain de jeu.
Voiture.
Bas côté.
Frein à main.
Warning.
Leica.Tungsten.
Dix clichés, on embraye. On s'arrête encore. Une autre image.
Ls
gars rentrent au vestiaires trempés essouflés. Nous rentrons dans la
voiture les pieds mouillés, de la buée sur les yeux.
15 novembre 2007
Made in Hamburg
Alors voilà pourquoi j'aime la photographie. Quand je reviens de
quelques jours de voyage, et que j'ai eu tout le loisir de faire les
images que je voulais, sans commande, sans sujet. Ce sont des images
sans enjeux. Je suis encore à la recherche du vecteur qui me permettra
de les rendre intelligible. Je cherche. Sans succès. Pour l'instant je
m'y perds, j'accepte, et c'est très bien comme ça.
Il s'agissait de
Hambourg le week-end dernier, la photographie argentique a ceci de joli
(mais pas seulement) : elle prend le temps de nous sortir du réel pour
nous conduire vers le fantasme de ce qu'on croit avoir vécu. Mais c'est
un secret.
17 octobre 2007
Welcome [bis]
Désormais Parisien à plein temps, avec quelques excursions en
province du côté de l'Auvergne et ses volcans ou encore à Toulouse,
enfin installé, le blog reprend vie.
Il manque encore quelques
anecdotes, résultant des allers-retours de cet été. Elles seront en
ligne bientôt.
Toujours à la poursuite de cette collection d'instants
qui se décolle de la commande et me colle à la peau. Finalement les
deux se touchent de plus en plus.
C'est peut-être une esquisse de
style.
Il faut du temps. C'est une richesse : j'en ai à dépenser !
Hier soir dans le Métro
Le métro ronronnait tout bas, tout bas, c'était l'avant dernier qui allait arriver ; d'ici là il fallait attendre, il suffisait juste d'écouter. Car dans un coin de carrelage il jouait tout bas tout bas, celui qu'on n'applaudit pas. Celui qu'on écoute distrait par le ronron de la vie tout bas, tout bas. Le métro d'en face a soulevé le brouhaha et quand il est retombé, il jouait toujours tout bas tout bas. Personne n'a vraiment su qui jouait, mais quand il s'est arrêté, rendant à la ville tous ses sons ronds ronds, on reconnaissait le bonheur au bruit qu'il ne faisait plus quand il s'en va.
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Dans le métro hier soir, c'était la station Opéra. J'ai couru, entendant la sirène pour ne pas le manquer. A l'entrée de la station, il faisait non de la tête en jouant doucement. C'était le guitariste devant son coin de carrelage, juste à l'entrée du quai. Il ne battait pas le rythme, il m'a juste glissé que j'aurais sans doute dû courir plus vite. Seul sur le quai presque automnale, je me suis assis dans les sièges baquet verts. Et la musique est montée. Il jouait amplifié très bas. La réverbe était la station tout entière. Les gens ont commencé à arriver comme un dimanche à minuit : quelques errants, un ou deux couples et des amis. Et le son restait là, discret, il remplissait tout l'espace entier, sans limite. Il était si présent que personne ne le remarquait, c'était l'air qu'on respirait. Le métro d'en face est arrivé, avec son lot de décibels ingrates, grinçants et crissants habituelles ; il est reparti, juste après la sonnerie. Et la musique était toujours là, sans bruit. Je priais pour que mon métro n'arrive pas. Il s'est arrêté juste avant sans se faire remarquer. C'est là que tous ont remarqué l'asphyxie nauséabonde des bruits quotidiens. A quel point ce moment avait pu être doux. J'ai voulu aller lui donner quelque chose, pour le bonheur que m'avait procuré ce métro raté. Il était parti. Je suis rentré dans le métro qui arrivait. Il était dans le couloir, dans le dos sa guitare... C'était un concert incroyable ; cet artiste là, puisque c'est ce partage là qui compte, on ne l'applaudit pas...
07 mai 2007
Président-ciel.
Il est tard et je regarde le ciel. Nicolas Sarkozy vient d'être élu président. Je suis à Toulouse, et un hélicoptère tourne en rond dans la nuit. Je me demande qui peut bien être le responsable indirect de sa ronde insomniaque. Je me demande s'il s'agit de probables faiseurs de troubles, déçu par le résultat de ce soir, ou encore du candidat et de ce qu'il incarne.
Je faisais des photos des militants UMP réunis à Toulouse dans un restaurant. Pendant le discour du vainqueur salle Gaveau, j'ai placé ses paroles dans la bouche de Ségolène Royale. Si elle les avait prononcées, j'aurai eu de l'espoir. Mais aurait-elle pu tenir ce disours là ? J'en doute.
Je ne veux pas d'une France toute à droite. Il faut regarder devant. Nous avons cinq ans à composer avec les promesses de Nicolas Sarkozy. J'aimerai qu'il les tienne. J'ai peur. Il y a les législatives. L'important c'est que l'appareil politique, moteur des institutions se remette en marche. Ne croyons pas en leurs idées, croyons en les nôtres.
04 juillet 2006
Rencontre
La photographie, c'est un prétexte pour les rencontres. N'y voyez pas là une quelconque ambition, non non. Il s'agit bien de partager un instant, un moment, et quelque fois, une amitié. Ci-contre, mon ami Gero accompagné de René Buri. Ce dernier venait de fabriquer un Leica. Je ne mens pas, la lentille est encore collée sur son œil.































































































