Julien Mignot//Photographe//J'adore c'que vous faites !

Blog sur la photographie, j'adore c'que vous faites ! Les coulisses des défilés de mode parisiens, des musiciens, des cinéastes, des gens souvent bien, les trains, nos amis les chiens et les ascenseurs...

25 avril 2008

Lettre ouverte au Monde

A la suite de l'annonce d'un possible plan de restructuration au sein du journal Le Monde et par conséquent à une éventuelle modification du contenu éditorial du Monde 2, cette note est un témoignage de mon soutien à un journal avec lequel mon regard a grandit.

Cela fait trois ans que je suis photographe professionnel, j'ai acheté les premiers numéros mensuels à l'époque en rêvant d'une parution, je réalise actuellement mon premier sujet pour le Monde 2. C'est une chance. Mais laissons de côté les histoires de prestige. Je suis heureux de travailler pour cet hebdomadaire emblématique de la presse française pour ce qu'il représente, c'est un fait.
En étant un peu pragmatique, aujourd'hui je ne connais pas d'autre journal qui concentre à la fois une qualité et une diversité éditoriale, une qualité rédactionnelle, une qualité photographique, des productions régulières avec des photographes de renom, tant avec des portraitistes, qu'avec des photo-reporters, susceptibles d'étayer un portfolio d'un niveau remarquable qu'il soit shooté par un photographe aguerrît ou plus jeune. Ce qui compte dans ce journal c'est une qualité sans concession, de l'ensemble de la rédaction à l'impression, il y a peu de compromis. Se permettre de parler de sujets de société, de culture, de politique, de gastronomie, de littérature et de rester pointu dans le rédactionnel, dans l'iconographie sans casser l'équilibre de l'ensemble relève du funembulisme.
Cette alchimie est rare et par conséquent précieuse. Je souhaite de tout cœur que, quelque soit l'issue du plan prévu à ce jour, Le Monde 2 continue à ne pas transiger sur la qualité et l'homogénéité de sa production.

Ce journal élève le débat, ne lui coupez pas les ailes.


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08 décembre 2006

Réaction à une tribune sensiblement insensée

Voici quelques mois, Pascal Tarraire, photographe que je connais bien, proposait une tribune douce, sensible et emprunt d'une certaine philosophie  sur le passage de l'argentique au numérique dans le magazine Réponses Photo (n°174, sept. 2006).
Des mots doux. Mais, moi qui fait de l'œil à la photo depuis un moment et qui ne distingue pas l'argentique du numérique, cela m'ennuie. Je ne suis pas un mec facile en ce qui concerne ces miévreries qui ne proposent et n'avancent rien, témoignent d'un constat accablant, certes, mais qui ne justifie en rien que nous allons tous devenir des poètes - en herbe - maudits. Ma réponse :

"Comme une goutte de pluie sur l'onde, je fais des ronds. C'est moins éprouvant que de tourner, embrassant l'air environnant du bout des lèvres pour prononcer des mots sans sons. Voilà une phrase qui ne sert à rien.
Nous sommes en 2006 et je ne comprends toujours pas : comment fait-on, aujourd'hui, dans un monde aussi gourmand en énergie, dont seule la créativité surpasse l'inertie, pour passer son temps à essayer de délimiter deux mondes, celui des bons et des méchants, celui des amateurs et des professionnels, des passionnés tranquilles et des coups d'œil pressés ?

L'argentique je suis contre, tout contre (comme Guitry parlait des femmes). Parce que je l'ai à fleur de peau. Parce que c'est mon outil. Parce que mon appareil est mon compagnon. Qu'on se comprend. Parce que mon film a quelque chose à voir avec mon sujet (je parle de ce qui est dans le viseur), et mon sujet quelque chose à voir avec mon film. Une sorte de dialogue implicite, épidermique.
Beaucoup de confrères utilisent du matériel numérique simplement parce qu'ils en ont besoin ; l'appareil photographique répond à leurs besoins, il est utile. Il est au service, le plus efficacement possible, de l'œil de celui qui photographie. C'est le regard qui compte. Et si on préfère faire des images en numériques, très bien, soit. Certains s'en servent même bien et ont enfin oublié ce - déjà - vieux reflex qui consiste à prendre une photo et l'éditer aussitôt sur un écran de 2", n'ayant même pas la chance de rater dans le viseur le bon instant qui leur passe sous le front (puisqu'ils avaient le nez penché!).

L'invention d'Oskar Barnack a tout changé, le 35 mm devenait standard, et la plaque de verre disparaissait. Notre moyen d'expression a un peu plus d'un siècle et demi et n'en est pas à sa première révolution, même si nous sommes loin d'en avoir fait le tour.
L'évolution technique, une fois passé l'effet bluffant de la nouveauté, entraîne la création. Elle devient moteur. Nous tremblons tous quand les labos annoncent leur fermetures ; soit, tremblons... moi je sors faire quelques images, j'ai encore des films plein mon sac et des images plein la tête. Nous ne savons pas nous rassurer, parce que nous ne voulons pas nous rassurer. Si la photographie est notre raison de vivre, nous continuerons à faire des photos, peut-importe le moyen.
La photographie c'est l'instant, le cadre, la lumière. Et ni le temps ni l'espace ne sont prêts à disparaître sans nous.
Quand je le numérique m'ira bien, comme un gant, quand il déclenchera vite, comme j'aime et que mon grain de tri-X ou de 320-T ne me manquera plus, je changerai peut-être de boîtier, et laisserai tomber mes planches contact. Sans regret, je m'adapterai, si mon travail y gagne. Mon regard, lui, reste le même.

Enfin, ce ne sont pas les sels d'argents qui ont rendu la photographie poétique, ce sont ces poètes qui photographiaient. Et si le monde va trop vite aujourd'hui, moi je crois encore à l'éternité de certains instants pour le suspendre un moment.“

Tribune de Pascal-Réponses Photo

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07 novembre 2006

mardi 7 novembre /// 9h28

"Absolument formidable", expression ne signifiant rien, si ce n'est un certain enthousiasme quasi-politique ; pourtant citée 7 fois sur France Inter ce matin dans un débat sur le Goncourt et le Renaudot par les différents experts en la matière, chacun défendant sa propre paroisse. Little devait se gausser, et si Tom Waits n'avait pas conclu l'émission, j'eus été faché.

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06 novembre 2006

Ambiance Electrique

ElectricPan Electric Européenne, s'eut put être le nom d'une ancéstrale entreprise de production énergétique européenne si nous en étions déjà à avoir dépasser le stade de la fédération. Ce que je trouve remarquable dans cette panne, c'est la problématique européenne qu'elle soulève. Pour la première fois, nous nous interrogeons sur une - soi-disant - crise énergétique commune.
Je trouve ça important. D'aucun préviendront les riques terroristes liés à une centralisation européenne de l'énergie, brandissant la menace, une fois de plus. Je crois que ce genre de réaction, quasi-systématique désormais, constitue une menace en elle-même.

Avec un pas de recul sur un partie de l'actu, je constate que Prodi pronne une réflexion européenne autour de l'énergie ; Zapatero parle de l'Iraq comme fiasco. Je trouvais que l'Europa Connexion avait un peu de la gueule pour une fois, que tout restait à faire aussi ; tout en me demandant, préoccupé, qui pourrait bien être notre prochain représentant en son sein dans les mois à venir.

Il n'y avait pas de problèmes : il y allait avoir de l'électricité dans l'air.

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24 octobre 2006

NYC///

One day you'll dance for me New-York City
T. Dybdahl.

Un jour peut-etre. Pour l'instant c'est moi qui danse dans les rues.
Entre CBGB & OMFUG, Bowery ; East & Chelsea... Brooklyn of course...
Rendez-vous au retour.
Julien

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25 septembre 2006

From Norway

Le soleil du Nord n'a rien à voir. Il frole l'horizon à perte de vue. Je cherche encore la piste, meme si je la sens en moi. Cette lumière est tellement puissante qu'il faut prendre le temps de l'apprivoiser. Le résumé de la situation est une succession de moments incroyables. Il n'existe, pour la plupart, ni de mots ni d'images : ce serait comme essayer de photographier les vagues.

 

Å bientøt .

 

Ju|

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22 septembre 2006

Impressions de Bergen... je m'envole demain

Reportage quatre jours à Bergen, Norvège. Je décolle demain. J'ai peur d'avoir froid. J'ai peur de laisser en plan trop de choses qui avanceraient sans moi. J'ai sûrement peur un peu de moi aussi. Ce n'est pas très grave. La suite reste devant.
Julien

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04 juin 2006

Budapest, portrait "classiques" et Europavox

Un peu de silence.

Tout s'est figé un mois durant.

Beaucoup de réflexions autour de la photographie ; beaucoup écrit, beaucoup lu aussi. Des préoccupations "fondamentales", du fond ; mais aussi des choses bien plus pragmatiques et des rencontres si peu philantropes, qui coupent la motivation, l'envie, qui pousse à s'entourrer de vide pour exister dans un petit monde où tout pousse à croire que seul l'argent et le pouvoir décide. Et c'est vrai. Henri Cartier-Bresson l'écrivait avec des lettres de journaux découpées sur le grand mirroir du pavillon familiale en banlieue parisienne : "D'où vient l'argent ?".

Toujours pas de réponse autre que l'histoire.

Je ne me suis jamais senti aussi motivé pour travailler mon regard, et le poser sur tout ce qui me tient à cœur ; je ne me suis jamais senti aussi vide d'envie pour travailler en commande, pour proposer des projets et les défendre, j'ai envie de photographier du vide. Du désert. Là où le droit à l'image est une liberté, là où les photographes regardent, là où ils ne jouent pas des coudes pour se placer pour avoir la veuve d'Edouard Michelin en train de pleurer avec ses enfants à l'église. Là où il n'y a pas de podium réunissant 1000 photographes qui feraient tous la même image et dont la seule rentabilité de déclenchement serait celle de leur aptitude commerciale. Aujourd'hui, bien trop souvent quand on commence en tout cas, bien avant d'avoir un nom, ou quand on se résoud à ne plus en avoir un, c'est le meilleur vendeur qu'on reconnait, pas celui qui regarde.

Voici trois extraits Budapest, 5 jours au cœur. Pas de sujets, juste quelques instants en impressions.

Portraits du Quatuor Psophos. J'ai du mal à regarder certaines personnes, dans le classique autrement que comme elles sont dans la réalité. A notre époque. Vivant tous les jours des choses similaires à celles que je peux vivre aussi. Nous sommes emprunt de la même culture. Je ne suis pas classique, elles ne le sont pas, vouloir l'être serait presque anachronique. C'est comme ça que je vois certains musiciens issue de cette scène là, c'est comme ça qu'ils se reconnaissent dans ces images. Les Psophos en font partie.

Europavox. Projet initial avorté. Un seul photographe backstage. Pas de portrait de sortie de scène. Des photos libre de droit du photographe bénévol du festival pour diffuser à la presse nationale. Les temps sont durs pour les photographes.
Au delà de ces considérations égoïstes, un grand moment. Des rencontres tous azimuts, tous horizon, toutes nationalité confondues. Des concerts au top. Une programmation originale, parfois surprenante et souvent très juste. Vénus et l'orchestre d'Auvergne, rencontre pop sombre sur lit de cuivre, xylo et cordes bien arrangé, supprenant mélange qui détonnait là où on ne l'attendait pas. An Pierle émouvante, Wraygun "ho Baby all night long", Micro Audio Wave bluffant sur des accents de Miss Kitin, et puis ce soir... Dionysos. Les groupes locaux ont su se montrer et profiter du village pro pour rencontrer les programmateurs européens, Kafka (prestation remarquée au Frac Auvergne)  jouera cet été en Slovénie et en Angleterre.

Posté par JulienMignot à 12:57 - Humeur - Commentaires [0] - Permalien [#]



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