Julien Mignot//Photographe//J'adore c'que vous faites !

Blog sur la photographie, j'adore c'que vous faites ! Les coulisses des défilés de mode parisiens, des musiciens, des cinéastes, des gens souvent bien, les trains, nos amis les chiens et les ascenseurs...

21 avril 2009

FOR LAst FIESTA

Suite et peut-être fin de la série For la Fiesta.

Il n'y avait plus de miss cette année. Laure, miss 2006, était toujours présente avec Mickaël, son copain, mais ce n'était plus pareil. La municipalité a décidé de changer un peu l'orientation de la fête et de confier les festivités à un comité paritaire d'animation composé à la fois d'élus, de membres du comité des fêtes et de volontaires participant à la fête.

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une mauvaise décision, mais elle n'était pas indifférente à cette drôle d'ambiance. Il faisait froid. Il pleuvait. Pas de majorettes, mais des voitures anciennes. Et même si les anciennes majorettes étaient un peu frêles dans le froid d'avril, pas très professionnelles, le jeté de bâton approximatif, je dois bien avouer que le juste au corps orange zébré noir vient à manquer. Les confettis collent sous la pluie, le vent ne balaye pas les rues. La fêtes colle aux basques.

Et puis le char de la Reine n'est pas là. Monsieur Loyal en moustaches-mascara, cocher du bouquet final de roses blanches qui clôture le cortège manque aussi à l'appel.

Est-ce moi qui est laissé un peu trop d'enfance derrière moi, la nostalgie galvanisée par ce ciel de plomb ? Est-ce que j'ai pris désormais trop de distance avec ce qui se passe sous mes yeux pour le percevoir ainsi ? Je ne sais pas. Je cherche encore. A travers mon appareil photo, je cherche encore.


ALBUM FOR LA FIESTA 2009


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27 novembre 2008

UNE JOURNEE A CHRISTIANA, COPENHAGUE, DANEMARK

Ma journée à Christiana devait être simple, calme et tranquille. Le but était de photographier les gens chez eux. En effet dans un univers de débrouille à base de bric et de broc, je trouvais intéressant de ressituer les habitants de cette île hippie dans leur propre univers. Curieusement, une démarche communautaire exacerbe les personnalités, et comme chacun customise son habitat à son image le parallèle était évident.

03_1220_03Christiana est à une encablée du centre historique de Copenhague, si proche. Rien ne semble coller pourtant en terme social avec leurs concitoyens. On qualifierait les Christianiens de doux dingues. Ils ne font pas de vagues tant qu'on les laisse tranquille et ils participent à développer une certaine image plus Rock and Roll que la capitale qui semble ronronner, enmitouflée dans un quotidien bien huilé.

Quand je suis arrivé sur place, une "demo" était prévue. On parlait "demo" et "cops" autour de moi. Je ne voyais pas bien quelle pouvait être la démonstration proposée en compagnie de la police. En fait, une "demo" c'est une manifestation. La police avait rasé un étage, soi-disant illégal, d'une maison et embarqué deux caravannes la nuit-même. Par représaille, le conseil, c'est-à-dire tous les résidents de Christiana, a décidé de faire entendre la voix de la communauté menacée aux Danois. L'enjeu est de taille puisque la spéculation va bon train et que les accords historiques tacites entre les squateurs et la commune socialiste s'émoussent au profit de la manne financière immobilière que représente 50 ha situés sur l'autre rive du canal en face du centre-ville.

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Les Christianiens ne sont pas tous des enfants de cœur et synthétisent une certaine aversion pour le pouvoir. Etant donné le nombre de RoboCops au mètre carré, je me doutais que la journée serait sans doute plus Rock'n'Roll que prévue.

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Donc en route pour la manifestation, dans une belle ambiance joyeuse, fumante de bon matin, il n'en reste pas moins que nous sommes fort bien entourés : la police bloc l'accès au centre sur chaque pont.

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Peu de médias sont présents : l'AFP, deux journaux locaux et Tanja, la représentante fluo de TV Christiana, micro-fleur et casquette pour afficher la décontraction et taquiner la patience des policiers. Christiana n'intéresse pas les Danois, d'après des manifestants, l'intérêt individuel et le niveau de vie du Danois moyen l'assoit dans une ignorance volontaire de ce qui sort de ses limites conventionnelles. Je remarque simplement qu'il n'y a pas de TV nationale et le journaliste de l'AFP me confie que personne ne relayera au niveau national.

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Au delà du jugement, je me demande simplement pourquoi ? Réponse : le gouvernement n'a pas envie d'assimiler ces hippies mondialement connus à une culture danoise très aseptisée.

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Le long des berges de Christiana, on aperçoit en face, de l'autre côté du canal, une marina pour CSP+ et les bateaux qui vont avec. Contraste. Nous sommes accueillis, de retour des manifestations mâtinales, par un Christianien amateur de corne de brume. Ambiance.

Le cortège s'est étiolé depuis que nous remontons le long du canal. Nous longeons la communauté et beaucoup de manifestants ont retrouvé leurs pénates. J'ai rencontré des français et des espagnols, les victimes de la rafle de caravane nocturne. Ils me montrent le site en question. Nous nous dirigeons ensuite sur le site de la maison démolie dans la nuit. Nous ne sommes plus qu'une vingtaine.

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La maison donne sur un des nombreux étangs du secteur. Plutôt paisible. Sitôt arrivés des volontaires entament la reconstruction du deuxième étage et font sauter le cadenas posé le matin même : les soit disant propriétaires sont à la rue pour l'instant.

Autour c'est le calme absolu. J'en profite pour rencontrer quelques résidents et poser des questions sur la situation du point de vue d'habitués du secteur.

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(de gauche à droite, de bas en haut)

Alexandre a aidé à l'embellissement extérieur de la maison détruite : il est français et fait la route depuis pas mal de temps. Il aimerait bien vivre ici un temps en continuant à faire profiter de ses talents de touche à tout astucieux du bâtiment. Échange de bon procédé pour gagner le gite et le couvert.

Dennis et Tanja sont les trublions de la communauté, à l'origine de TV Christiana, diffusée sur le satellite. Des reportages plutôt orientés culture au quotidien, en ce moment on vire dans le social. Mais TV Christiana interesse surtout les Christianiens...

Alexandre (à droite) et son compatriote Lars se sont retrouvés sans caravanne. Alexandre squaté la deuxième caravanne qu'un ami de Lars avait déposé sur son terrain. Parti en gauguette, Alexandre en profitait pour dormir au chaud. Ses affaires sont partis avec le logis. Sous scellés pour enquête, il ne savait pas s'il allait pouvoir les récupérer.

Rita ne vie pas à Christiana mais elle y a presque tous ses amis. Elle aime passer son temps ici et elle ne comprend pas l'agressivité de la commune. "Copenhague ne serait plus pareil sans Christiana," me confie-t-elle.

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Entre temps, les policiers ont repéré le manège sur le toit depuis leur hélicoptère qui ne nous a pas quitté depuis le début de la mâtinée. Ils interviennent en encerclant la maison, évacuant les manutentionnaires qui œuvraient sur place, puis les journalistes, nous maintenant à bonne distance de caméra. Au même moment et à l'autre bout du domaine ils bloquent les sorties en filtrant les groupes. Le but est clair : éviter une manifestation bis et nocturne qui dégénérerait à coup sûr.

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16 h. Bien entendu, les portables sont sur écoute. Les christianiens mettent à profits le meilleur moyen de diffusion de l'information, étant donné que nous étions tous retenus à l'intérieur : le bouche à oreille. Ainsi la communauté propose de bloquer un pont plus important que le matin : rendez-vous pris à 17h le soir même sur le dit pont. Tout le monde s'échappe au compte goutte par groupe de un, tandis que Tanja provoque toujours les policiers qui nous bloque l'entrée de l'Union Européenne comme l'indique le fronton à l'entrée de Christiana.

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16h50. Nous arrivons les us après les autres sur le pont, de part et d'autre. La police veille depuis l'hélicoptère : deux camions de CRS sont déjà sur place. L'action devra être rapide et bien coordonnée pour avoir une chance de fonctionner.

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Le blocage a duré trente minutes. Et ce fut la course aux lacrimos, riposte aux jets de pierres qu'une délégation moins pacifiste catapultait de sous le pont sur le cordon de police. Les CRS ont d'abord assuré la circulation, puis évacué le gros des manifestants sur un côté, le long de la balustrade, avant de veiller à leur évacuation direction Christiana. Le but avoué était de créer une diversion pour investir le Hilton, toucher les affairistes et les touristes, la police a anticipée.

Des combats de rue ont éclatés et se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. L'hélicoptère, obligé d'abaisser son altitude pour éclairer le théâtre des affrontement au sol était pris d'assaut par des feux d'artifices et des fusées de détresse. Il y a eu 15 blessés et deux interpellations du côté des christianiens, 2 policiers blessés. Le lendemain, les tabloïds qui dégnaient relater l'événement penchaient pour la diabolisation de ces hippies pas si peace and love.

J'ai pris le parti de témoigner des revendications de ces doux dingues qui filent l'idéal de résister à la spéculation galopante. Je n'estime pas prendre parti. Je ne connais pas les tenants et les aboutissants ni le contexte politique qui président à cette situation. Je sais simplement qu'ils ont quelque chose à dire et je crois qu'il est important de leur donner une chance supplémentaire d'être entendus. Cette entreprise a sûrement beaucoup de défaut, comme la plupart des modèles de société, mais il a le mérite d'exister, il représente l'idéal de certains. Si la seule oposition valable c'est la perte d'espace viable, cette situation est révoltante.


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04 novembre 2008

COPENHAGUE

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COPENHAGUE, DANEMARK-La semaine dernière. Entre la neurasthénie du centre-ville frigide et insipide dès 18h passé et Christiana, enclave verte et proclamée libre de la proche périphérie, il n'y a qu'un pont, il n'y a qu'un cordon de CRS, il n'y a qu'une Europe.
Je n'ai pas vu la frontière, elle fut mouvante toute la journée.
C'était une vague de ferveur populaire qui ne pouvait pas garder sa culture polyphonique dans son gosier, le pouvoir spéculateur en travers de la gorge. C'était trop dur, il fallait crier haut et fort sa différence, proclamer la tolérance et se battre contre des moulins.
Il s'agissait de la première manifestation de la Communauté de Christiana organisée suite à la destruction par les fores de police danoise de l'étage d'une maison construit illégalement depuis que la loi votée en 2006. C'est le gouvernement qui a choisi en votant cette loi de prendre le contre-pied des accords signés entre la ville de Copenhague et Christiana. Elle place hors la loi toute tentative d'expension et favorise l'expropriation en encourageant les forces de polices à pénétrer à l'intérieur de la l'enceinte réservée depuis 1971.
La confrontation de deux mondes : le ouaté de l'hotel tout en toc où les cadres avachits sous les tableaux sordides du hall ajustaient leur plus beau costume, et la boue des chemins de Christiana cernés par les robocop locaux loin de faire dans la dentelle.
Planté au beau milieu j'ai photographié tel que j'étais. Paradoxe doux et délicat qui me paraissait si brutal sur ce fond de crise plus général. Quoi qu'il arrive, nous sommes à un tournant.

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25 février 2008

Filer le train d'amoureux Gare de Lyon

L3919537 Saint-Valentin. 18h30. Coup de fil. Libé. En pleine repique. Je suis dispo dans 30 minutes ? Oui. Rendez-vous sous le panneau d'affichage Gare de Lyon : un garçon va demander sa fiancée en mariage. La famille est là. Elle n'est pas au courant. 19h30 : le train s'affiche, il est un peu spécial.

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13 octobre 2007

Libération-Eté 2007

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José Bové, après une rencontre entre les faucheurs anti-OGM et le cabinet du ministère de l'agriculture. (Lire l'article de Matthieu Ecoiffier sur liberation.fr)

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Le procès d'un professeur jugé à Epinal pour avoir  injurié un de ses élèves, Chouaib (l'article de Thomas Calinon sur libération.fr)




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26 avril 2007

Miss Auvergne-Portugal 2007

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Ceyrat, dans le Puy-de-Dôme, la banlieue de Clermont-Ferrand. La communauté portugaise représente environ 10% de la population de l'agglomération, soit au bas mot 30 000 personnes.

Ainsi elle élit chaque année sa miss. Elle devra représenter dignement ses pairs. Les prétendantes de cette promo ont entre 16 et 21 ans. Pas évident de défiler devant ses amis, sa famille, surtout en maillot de bain. Ils sont 900 dans la salle à applaudir leur favorite. On hésite, on se rassure, l'ambiance est bonne sous le maquillage et les coiffures montées pour l'occasion, jusqu'au moment de monter sur scène. Les miss des années précédentes soufflent toujours le bon mot pour les détendre ; elles veillent sur elles et glissent un conseil entre deux allers-retours de podium, à l'aise et détendues, pour la marque sponsort de la soirée Very Important Portuguese.

Trois passage plus tard (tenue de ville, maillot et tenue de soirée) et un spectacle de revue cabaret à trois danseuses, les résultats vont être prononcés. De quels yeux pourra bien couler la larme de joie ?

VOIR L'ALBUM

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18 avril 2007

Parution Libération///Les logements sociaux de Clermont

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Paru le mardi 17 avril, page société de Libération (article)

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12 décembre 2006

One Day You'll Dance for Me NYC//////////////////

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/////////////coups d'œils ///////CBGB&OMFUG/////////////////UNJOURPENDANTLANUIT//
///////160SESSION/////////////DAYLIGHT////////FLAGSOFOUR ONCLE//////////////////////
/////////////////////DOGVILLE//////////////////NEWYORKERS //////////////////////////////

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Pour une fois il ne pleut pas dehors, ce dimanche est sauf. Je troque la pluie contre les gouttes, je ferme le robinet, je sors de la douche. Cela fait maintenant plus d'un mois que je suis rentré de New-York. Les strates de temps se déposent lentement. Chaque instant, comme un dépôt en suspend, se fond dans le souvenir. Revoir ses photographies maintenant, une fois qu'elles sont reposées, me permet d'en exhumer le sens. L'émotion s'atténue et la signification prend le relais.

Initialement, je devais être sur place pour la fermeture du CBGB*. Club punk mythique des années 70 quand NYC ressemblait à ce qu'on imagine encore quand on ne connaît pas la grosse pomme.
Un manque d'informations quant à la date précise ne m'a pas permis d'être sur place le 15 octobre, Pattie Smith faisait la fermeture, et les clichés du concert étaient réservés au photographe maison. J'ai décrété que je n'appartenais finalement pas à cette époque. Ce reportage ne me manquerai pas. Le Monde m'avait pourtant suivi dans cette idée.
J'étais à New York pendant les travaux. Le lieu allait être conservé pour être remonté à l'identique (murs et chiottes taggés jusqu'à l'os, emprunts de l'épaisseur effervescente de l'Epoque), certainement à Las Vegas. Drôle d'époque.
Et sur place, l'aventure ne fut pas plus valeureuse : je n'ai pas pu faire une seule image de l'intérieur. Mon accent et mon vocabulaire limités faisant leur petit effet auprès du responsable... Ce fut navrant mais drôle. Il reste ces images en ligne.

Il me restait la ville entière à arpenter. J'ai rejoint mon ami Alex qui préparait la suite de son voyage jusqu'en Patagonie, étalé sur l'année entière à travers l'Amérique du Sud. Il profitait encore un mois de l'effervescence urbaine à l'occidentale.
Pour moi, pas de sujet. Comme une obsession redondante.
Au moment de faire les images, c'est un problème : il n'y a pas de défi à relever, pas de volonté de communiquer quoi que ce soit ; je peux juste balbutier "je vois ceci" ou bien "je vois cela" et ça m'intéresse, mais je ne sais pas pourquoi. Je balbutie et je ne dis rien. Cette photographie est une sorte de psychanalyse narcissique - tout un paradoxe ; ça me ressemble, tient.
Au moment d'éditer un tel moment - puisque nous ne pouvons parler ni de travail, ni de reportage - c'est un nouveau problème : l'envie que l'image retrouve sa fonction est pressante et il faut trouver un stratagème pour justifier ce manque de cadre, permettre ainsi au public de recevoir le plus justement possible de telles impressions.
Je suis cerné. J'ai envie, j'ai besoin de photographier, mais je n'arrive pas à assumer cette introspection livrée à nue au moment de l'éditorial. Le sujet ne sert même plus d'abri. Et pourtant ne demande-t-on pas à l'artiste - ou au photographe, la fonction étant dans l'œil de celui qui regarde - une subjectivité presque exacerbée pour servir de clé de lecture au discours ? Pourquoi se penche-t-on toujours sur les affichettes à côté des toiles des nouveaux photographes avant même de les regarder pour comprendre ?
Je crois qu'il n'y a aucune prétention dans l'exercice auquel je viens de me livrer à New York. Il s'agit de dire "regardez ce que vous n'avez jamais vu et ce que vous ne verrez plus jamais, ça n'a d'intérêt que parce qu'à travers l'autre, je parle de vous".
Malgré cette volonté de ne pas emprisonner le sujet, je me suis résolu à présenter plusieurs albums, regroupant des images relatives à mes propres impressions que je ne saurais exprimer autrement qu'en images. Pour moi, il n'existe pas de cloisons entre elles : le temps et l'espace les limitent. Ce sont mes photos de New York entre le 23 et le 30 octobre.

Pour faire simple, et parce que je ne suis pas très doué dans la triche, je vais vous livrer tout cru mes photographies new-yorkaises. Je parlais dans un précédent article de la proximité entre le choix de mes films et ce que je photographie, ainsi, vous ne trouverez aucune cohérence dans la suite. C'est mon état d'esprit qui commandait. L'animalité brutale et la jouissance du déclenchement comme guide, sans garde-fou.
Néanmoins, je retrouve mes marottes : Dogville est une série canine sans autre vocation que le divertissement, au même titre que la série J'adôre les chiens qui devrait voir le jour prochainement.
Flags of our Oncle est juste un palliatif à une réaction violente qui aurait pu me nuire sur place. Les drapeaux, omniprésents, sont un aimant pour l'œil, un piège facile pour composer et utile en couleur. Plutôt que d'en scier certains, j'ai essayé de trouver le sens que projetait son propriétaire sur cet étal patriotique. Puisqu'à mon avis, il existe autant de points de vue politique sur cette bannière starisée qu'il n'existe d'étoiles, dans le ciel.
New Yorkers, regroupe les personnages qui m'ont offert un peu de leur temps, à l'opposé des images de rue glanées à la volée. Comme un hommage.
Steet Tease se divise en trois séries de trois impressions :
- La première se nomme 160 session. La pellicule 160 ISO sous exposée aborde le murmure de la rue. Casse le mur de l'apparence, qui ne compte pas, tant que l'on marche et que l'on suit le rythme de la foule.
- La seconde est DayLight. C'est l'anecdote, plus ou moins joviale ou satyrique, qui jaillit furtivement et que personne ne remarque. C'est une série très classique, convenue et tant mieux.
- Un jour pendant la nuit est le paradoxe nocturne new yorkais. Les nuits sont tellement longues que l'on peut vivre en chacune d'elles plusieurs états opposés sans se sentir en dehors du temps. La nuit file tel un bateau pour vous amener jusqu'au lever du soleil comme si rien ne s'était passé. Le rêve - ou le cauchemar - américain éveillé. Je regarde passer les étoiles filantes.

Je m'amuse à trancher dans le vif des séries cohérentes, mais je fais sûrement fausse route : je vous propose une densité d'images bien trop forte. Je doute que mon propos soit complètement recevable et pertinent pour servir de guide dans ma démarche. Un mois n'a pas suffit, il faudrait certainement des années avant que la violence du choc américain ne décante. Voyez ces images comme le dépôt résiduel d'un voyage outre-atlantique qui flotte entre deux bouteilles d'eau de vie à l'amer.

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*/ cf. article, http://fr.wikipedia.org/wiki/CBGB

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08 décembre 2006

C'était en juillet à Londres

It was in July, in London please... it call Rock'n'Roll baby. Let's go to Picadilly Circus and play.

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Première traversée de la manche et 24h londoniennes en compagnie de Trepper.
Ils ouvrent l'anniversaire de Spencer Chaplin au Smoke.

Je photographie comme je regarde. Verdict : day/street and night/club.

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02 novembre 2006

J'adore la Toussaint

Le jour des morts, dans beaucoup d'autres endroits, est un moment de liesse général : c'est une fête. Chez nous, le dogme nous enseigne une certaine discrétion, une certaine retenue, que l'on assimile plus largement au respect ou à l'ennuie suivant son point de vue.

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Pour ma part, j'ai suivi le pélerinage d'un air grave de 0 à au moins 14 ans si mes souvenirs sont bons, n'ayant échappé qu'une ou deux fois au rituel pour cause d'oreillons (la deuxième fois étant un prétexte, ça n'a pas marché). Et ces dimanches étaient durs. Et longs. Et gris. Mais j'ai résité. L'aspect pénible résidait dans l'obligation de rester à l'intérieur à écouter les conversations des grands, sans cousins ou cousines de mon age pour jouer à rien.

Et maintenant avec un peu de recul, je me rends compte que c'était bien là une des rares occasions de se retrouer en famille.

Je devrai en profiter de l'occasion. Pas pour visiter les morts, non, mais plutôt visiter les vivants. Cette année encore, j'ai faillit.

L'année dernière, je faisais la tournée des cimetières pour regarder les gens. Les vieux souvent. Pour essayer de savoir si c'est la peur ou la sagesse qui les poussent à aller se pencher au devant de leur passé.

Posté par JulienMignot à 12:03 - Reportage - Commentaires [1] - Permalien [#]
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