Julien Mignot//Photographe//J'adore c'que vous faites !

Blog sur la photographie, j'adore c'que vous faites ! Les coulisses des défilés de mode parisiens, des musiciens, des cinéastes, des gens souvent bien, les trains, nos amis les chiens et les ascenseurs...

17 octobre 2007

Hier soir dans le Métro

Le métro ronronnait tout bas, tout bas, c'était l'avant dernier qui allait arriver ; d'ici là il fallait attendre, il suffisait juste d'écouter. Car dans un coin de carrelage il jouait tout bas tout bas, celui qu'on n'applaudit pas. Celui qu'on écoute distrait par le ronron de la vie tout bas, tout bas. Le métro d'en face a soulevé le brouhaha et quand il est retombé, il jouait toujours tout bas tout bas. Personne n'a vraiment su qui jouait, mais quand il s'est arrêté, rendant à la ville tous ses sons ronds ronds, on reconnaissait le bonheur au bruit qu'il ne faisait plus quand il s'en va.

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Dans le métro hier soir, c'était la station Opéra. J'ai couru, entendant la sirène pour ne pas le manquer. A l'entrée de la station, il faisait non de la tête en jouant doucement. C'était le guitariste devant son coin de carrelage, juste à l'entrée du quai. Il ne battait pas le rythme, il m'a juste glissé que j'aurais sans doute dû courir plus vite. Seul sur le quai presque automnale, je me suis assis dans les sièges baquet verts. Et la musique est montée. Il jouait amplifié très bas. La réverbe était la station tout entière. Les gens ont commencé à arriver comme un dimanche à minuit : quelques errants, un ou deux couples et des amis. Et le son restait là, discret, il remplissait tout l'espace entier, sans limite. Il était si présent que personne ne le remarquait, c'était l'air qu'on respirait. Le métro d'en face est arrivé, avec son lot de décibels ingrates, grinçants et crissants habituelles ; il est reparti, juste après la sonnerie. Et la musique était toujours là, sans bruit. Je priais pour que mon métro n'arrive pas. Il s'est arrêté juste avant sans se faire remarquer. C'est là que tous ont remarqué l'asphyxie nauséabonde des bruits quotidiens. A quel point ce moment avait pu être doux. J'ai voulu aller lui donner quelque chose, pour le bonheur que m'avait procuré ce métro raté. Il était parti. Je suis rentré dans le métro qui arrivait. Il était dans le couloir, dans le dos sa guitare... C'était un concert incroyable ; cet artiste là, puisque c'est ce partage là qui compte, on ne l'applaudit pas...

MetroNuit

Posté par JulienMignot à 01:28 - Etat d'âme - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

tu décris là exactement ce que j'ai ressentit presque au même endroit presque le même instrument. je n'avais pas su trouver les mots, Merci.

Posté par Eléonore, 10 décembre 2007 à 14:59

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